Des projets de construction se préparent à Mareil-sur-Mauldre, ce n’est pas la première fois, mais au fond qu’en est-il exactement ?

En tant qu’élu municipal, siégeant à la commission urbanisme, il n’y a pas de raison idéologique de s’opposer à un ou des projets de construction, notamment dans le contexte de vieillissement de la population de notre village.

Ce qui est choquant en revanche, ce sont deux choses :

  • premièrement le fait que l’on découvre le vieillissement de la population à l’aube de la fermeture d’une classe à la rentrée de septembre 2019 alors que la même équipe municipale est aux commandes depuis 1985,
  • et deuxièmement le constat que nous faisons depuis maintenant plus de 5 ans, sur le mode de gouvernance de la commune : solitaire et malheureusement improvisé.

En effet, M. le Maire argumente auprès des mareillois que l’école doit être sauvée de toute urgence et feint une prise de décision, à son initiative, de construction de nouveaux lotissements sensés apporter à Mareil-sur-Mauldre des familles jeunes. Au passage, notons qu’une fermeture de classe, n’engendre pas la disparition de l’école à proprement parler et n’est pas non plus forcément synonyme de diminution du niveau de l’enseignement.

La réalité est très différente…

Le vieillissement n’a rien d’instantané : la démographie mareilloise est particulière (bimodale) depuis les années 1970, la population décroit lentement depuis longtemps, le nombre de classes diminue, et jusqu’à aujourd’hui, peu a été fait (on recense en moyenne, seulement deux permis de construire par an entre 2005 et 2015).

Pour le lotissement de la rue des fontaines, il convient de remonter 4 ans en arrière. A cette époque, au début de l’actuelle mandature, un lotisseur (ADI) avait un projet de construction d’une zone pavillonnaire, au sein de laquelle devait se trouver un cabinet médical. Cette initiative n’était déjà pas communale mais purement privée. Le maire a délivré discrètement fin décembre 2014 un permis de construire qui avait permis à ADI de commencer la commercialisation des maisons. Des procédures juridiques ont retardé tout travail effectif du promoteur. Les graves inondations du printemps 2016 ont conduit la Police des Eaux à interdire ce projet, pourtant autorisé par le maire, et ADI a attendu la fin de validité du permis pour se retirer : 4 années perdues. Durant ce temps la diminution croissante des effectifs de l’école et de la population mareilloise s’est accrue, sans que la municipalité ne prenne d’initiative.

Pire encore, l’argument avancé à cette époque était de permettre à des personnes âgées de la résidence du Parc de Mareil de déménager dans des logements plus petits et adaptés pour laisser leur maison du Parc à des familles jeunes avec enfants en bas âge.

Erreur fatale, les acquéreurs ayant les moyens d’investir dans ces maisons ne seront sans doute pas des familles avec enfants scolarisables à Mareil : beaucoup trop cher !

Aujourd’hui, alors que les lotisseurs proposent à peu près tous les mêmes projets (maison de 90 à 120 m² sur un terrain de 300 à 500 m² environ), l’argument a changé au gré du contexte politique, et devient : l’école. Mais quelle cible de clientèle vise-t-on ? Quelle gamme de prix ? Rien n’est vraiment précisé, la réflexion a-t-elle eu lieu ?

Pour mémoire ce qui a été écrit dans le compte rendu du conseil municipal du 02 juillet 2018 :

Le maire se prétend animateur du sauvetage de la démographie du village, alors que cela fait plus de 30 ans que lui et son équipe municipale sont léthargiques. Tous les projets de construction actuels sont privés et ne sont absolument pas à l’initiative de la commune, contrairement au discours tenu en séances publiques. Cette récupération n’est pas acceptable, elle reflète d’anciennes pratiques de manipulation politique qui ne correspondent plus aux aspirations de la population.

Désormais, la seule action de la commune consiste uniquement à contraindre ou pas les projets de construction par le biais du PLU permettant de définir le « construire ensemble » du village.

Un cabinet de conseil en urbanisme « Espace Ville » a été mandaté pour un montant de 5 472 € sans aucune consultation ni mise en concurrence, en raison du fait que l’on a déjà travaillé avec eux avant et qu’ils connaissent bien Mareil-sur-Mauldre… Leur rôle consiste à accompagner la mairie pour modifier le PLU, notamment la zone AU, qui peut être urbanisée mais ne dispose pas encore de contrainte particulière, a l’instar des zones Auh. Le rôle de la commission urbanisme est donc de commenter ces contraintes, sans garantie de prise en compte par le maire. L’urbanisme reste une compétence non partagée et non transparente, en dépit du discours tenu.

Concernant le lotissement face à la rue des Ferrands, c’est même Bouygues (entreprise mandatée par les propriétaires actuels des terrains) qui a réalisé plusieurs demandes pour modifier le PLU afin que ses constructions standardisées puissent être réalisées (hauteur sous faitage plus élevée, largeur des portails plus importante, etc.). Que sait-on des programmes Bouygues similaires en Ile de France, que sait-on des caractéristiques sociales des acquéreurs ? Rien n’apparait dans les dossiers.

En conclusion, comme souvent dans nombre de communes en France, le temps qui passe, la durée canonique et le cumul des mandats conduisent les dirigeants de ces communes à ne plus anticiper les problèmes, voire à ne plus être en mesure de les détecter. Sans oublier le poids de pratiques ancestrales qui ont à Mareil-sur-Mauldre plus de 40 ans, conduisant à des situations où le pouvoir public ne décide plus mais devient le spectateur des projets privés.

En outre, ma position personnelle est qu’il est extrêmement regrettable que la commune n’ait même pas réfléchi à un investissement de programme de construction de logements de tailles plus réduites pour accueillir les personnes qui en ont besoin (personnes âgées, femmes seules, jeunes couples, etc.) en mode locatif, ce qui permettrait d’assurer des revenus sur le long terme pour la commune, de détenir le foncier et de mieux négocier avec les bâtisseurs de manière à faire évoluer le village vers un urbanisme vertueux.

Une seule réunion de la commission urbanisme pour deux projets de construction de près de 30 logements, avec des documents présentés aux conseillers en séance, sans aucune information préalable, au cours de laquelle on ne sait pas si des décisions sont prises ou non… tout cela n’est pas de nature à rassurer quant à l’avenir de ces projets et quant au rôle de conseiller municipal…

Cela n’est plus compatible avec le vivre ensemble en 2020 qui nécessite désormais des décisions fondées sur des réflexions plus partagées, qui seules permettront d’assurer la durabilité de notre développement.

Christophe DEBAYLE – le 09 février 2019