Démission du conseil municipal

L’avenir du village implique de nouvelles pratiques, une plus jeune génération, un profond renouvellement…

Les termes de ma lettre éclairent ma motivation, prenez en connaissance.

Bonne chance à Christelle MAUNOURY qui va me succéder et à qui je continuerai d’apporter mon soutien et mon expérience.

 

La lettre remise au Maire lors du conseil municipal du 03 avril 2018 :

Gérard LE BASTARD

31 av de la Chardonnière

78124 MAREIL/MAULDRE

Le 3 avril 2018

Monsieur le Maire,

Au cours des années 80, j’avais contribué à un projet de loi porté par M. Rocard relatif au statut des élus. Il comportait notamment les limitations du cumul des mandats et de leur renouvellement, le plafonnement des indemnisations et un âge limite d’exercice des mandats à 70 ans. Le sujet a été débattu, mais aucune suite n’a été constatée alors.

Aujourd’hui, l’impératif d’éthique et de morale dans la vie politique s’impose peu à peu. Je fais évidemment partie de ceux qui trouvent cette renaissance réconfortante.

Je déplore cependant que Mareil reste une caricature des mauvaises pratiques.

Le retour d’expérience du mandat que les électeurs m’ont confié en mars 2014 renforce  l’évidence de cette nécessité de rajeunissement des élus et de modernisation de la gouvernance. Malgré la bonne volonté de quelques uns, l’autocratie régnante et le temps ont fait du conseil municipal un lieu où le partage, la créativité, le dynamisme mais aussi la transparence sont absents. Seul un profond changement des hommes pourra favoriser l’émergence d’une jeune génération de responsables, avec de nouvelles pratiques.

A titre personnel, je reste viscéralement attaché à ces principes. Il est donc compréhensible que je me soumette aux règles ci-dessus, et à la limite d’âge de 70 ans en particulier.

En conséquence, je vous prie d’accepter ma démission du conseil municipal à compter de la réception du présent courrier.

Veuillez recevoir, monsieur le Maire, mes salutations.

Puisque le maire aime les calculs…

Puisque le maire aime les calculs…

Dans son éditorial de « Votre Village » de janvier, le maire se livre à un petit calcul pour montrer que toute la part d’impôts payée à l’Intercommunalité (200€) ne sert qu’à payer le FPIC (Fond de Péréquation InterCommmunal, entre collectivités riches et pauvres) prélevé par l’Etat.

Nous traitons cette question de fond par ailleurs, mais jouons nous aussi !

Calcul similaire : savez vous que sur la part communale du même impôt local, la même somme, 200€ par foyer fiscal de Mareil, ne sert qu’à payer les indemnités mensuelles du maire (1650 €/mois comme maire + 950 €/mois comme vice-président de l’intercommunalité + autres indemnités de présidence de syndicats : 100 € à chaque fois), et de ses adjoints (650 €/mois chacun + présidence de syndicats), et leurs retraites ultérieures ?…

Lettre ouverte à M. le Président de la Communauté de Communes Gally-Mauldre

 

Le 1er juillet 2016,

Monsieur le Maire, Président de la Communauté de Communes Gally-Mauldre, Conseiller Général,

 Votre responsabilité directe est engagée par des actes qui étonnent nos concitoyens:
 Votre décision de majorer de 66% le taux de la part départementale des taxes locales est incompréhensible et inacceptable, comme l’est votre décision de majorer de 16% (chiffre donné par le maire lors du débat budgétaire) le taux des parts intercommunales. Au total, vous provoquez des impositions locales qui vont augmenter de 10% pour la commune de Mareil/M.
 Pour le département, s’abriter derrière les seules restrictions de l’Etat est insuffisant pour la substance, et méprisant pour la forme. Ces mesures gouvernementales naissent en 2010, elles sont continues et elles se poursuivront longtemps après 2017, quelle que soit la majorité prochaine. La responsabilité des collectivités territoriales dans le bilan de la dette de l’Etat (environ 200 milliards d’€), et dans son creusement dès 2013 (-5 à -10 milliards d’€/an) est avérée. Elle justifie, selon les gouvernements, en l’absence d’efforts des collectivités territoriales constatés, les corrections apportées. La complexité administrative est déroutante, les couches de coûts intrinsèques qui s’empilent deviennent sidérantes. Evidemment aucun élu ne s’attaque à la rente qu’il s’accorde lui-même par son vote.
 Pour l’intercommunalité, utiliser le déploiement de la fibre (explication du maire de Mareil pour justifier la hausse) ou tout autre investissement, opérations ponctuelles, est ridicule. Le nombre de postes à l’intercommunalité continue à croître, les dépenses de fonctionnement aussi. C’est tout l’inverse de la logique d’une mutualisation qui, réfléchie, devrait tendre à diminuer les charges.
 De telles décisions, pour être acceptées, demandent vision programmatique et pluriannuelle, explication sensée, transparence réelle pour un minimum d’adhésion. Le refuge du bouc émissaire, l’opacité et la confidentialité seuls existent. Le grand dirigeant aujourd’hui prévoit, fixe un objectif, convainc pour entrainer l’adhésion. Rien de tel n’apparait aujourd’hui.
 Vous dites « déborder d’énergie et de créativité pour relever les défis ». Permettez-moi de vous exprimer ma crainte extrême au vu de votre décision d’augmenter massivement les impôts. Le premier débordement est là, en effet ! Et ce n’est pas ce que l’on attendait.
 On ne peut s’empêcher de penser que la créativité citée ne vous a pas conduit à vous focalisez en priorité sur vos dépenses, comme l’examen critique de tout frais de fonctionnement de l’hôtel du département versaillais ou de l’intercommunalité, de l’indemnisation des élus, du cumul des indemnités que vous illustrez de manière criante. Vous conviendrez, à titre d’exemple, que l’intercommunalité, qui n’a pas modifié le périmètre global des compétences individuelles ou mutualisées, a par contre permis à son Président et ses Vices Présidents de s’accorder de nouvelles indemnités importantes qui s’ajoutent à celles déjà en place dans les communes pour les maires et les adjoints. Opération discrète, mais totalement injustifiée. Et pour vous s’ajoute une indemnité de conseiller territorial. Comment convaincre nos concitoyens de l’utilité des structures élues, comment lutter contre la dérive populiste alors que vous fournissez par vos décisions des preuves tangibles à charge?
 Nous représentons le degré élémentaire de la fonction bénévole, au plus près des électeurs qui nous demandent des comptes au quotidien. Il est trop facile de nous déléguer la violence de l’interface avec les administrés qui souffrent de contraintes fortes. Soyez persuadé que les vérités ci-dessus seront popularisées comme il se doit.
 La mutualisation est globalement bénéfique, et il faut la rendre telle en urgence. L’intercommunalité est un premier pas. Un second serait le regroupement des communes du Val de Mauldre autour de Maule qui est inéluctable pour un service à la population optimisé et moins coûteux. Soyez exemplaire et novateur !

Avec mes meilleurs sentiments,
Gérard LE BASTARD, Conseiller municipal, Mareil/Mauldre

 

Position de Gérard Le Bastard sur le cabinet médical

Explication de mon vote contre le mandat demandé par le maire pour l’exercice du droit de préemption urbain sur la vente d’une propriété sise à Mareil, dans le but de la transformer en une éventuelle maison médicale :

 

Considérant que :

  • Le remplacement de médecins partants est un sujet important qui se pose non seulement à Mareil, mais aussi de manière identique dans les communes voisines. Les solutions devraient donc être recherchées dans un cadre de coopération intercommunale de voisinage et devraient viser à un large regroupement de l’offre médicale aux habitants
  • L’absence de précision sur l’éventuel engagement d’un (ou de) médecin(s) à venir s’installer à Mareil, et les éventuels projets d’extension à d’autres offres des soins, ne permet pas de justifier le dossier. Une hypothèse de repli devrait exister
  • L’acquisition éventuelle de la propriété objet de la demande du maire est d’un coût très élevé pour son achat, son aménagement, sa mise aux normes, de l’ordre de 500 000€ à 600 000€, sans possibilité de subvention. Cette acquisition impacterait significativement le programme d’investissements de la commune sur plusieurs années
  • L’impréparation d’un tel dossier important, notamment l’absence d’une analyse des coûts totaux (acquisition, mise à niveau,…), des conditions de location et des ressources attendues, de la rentabilité d’un tel investissement, de l’impact sur les finances locales est trop flagrante. Nulle précision sur la capacité d’investissement résultante alors même que d’autres programmes hautement prioritaires comme les travaux à l’école, la sécurité ou la voirie nécessiteront des efforts considérables,. Une étude économique rigoureuse devrait être partie du dossier présenté
  • Un plan pluriannuel d’investissements (4 ou 5 ans) devrait être préparé, discuté et approuvé pour donner une vision sérieuse de l’avenir de la commune

 

Et en l’absence de toute nouvelle information pendant le conseil municipal, je ne peux que voter contre la délibération proposée et à demander la remise à plat de ce projet pour en présenter une analyse exhaustive indiscutable.

La perception de la liberté d’expression à Mareil: réponse de M.LE BASTARD

Suite à l’annonce de l’annulation des voeux du maire, l’un des conseillers de la liste Manné, M. Martin, exprime son mécontentement. Il a exprimé le souhait que la Mairie envoie néanmoins un message fort aux mareillois. Cependant nos élus ne partagent pas pleinement le contenu des propos de ce dernier. Voici la réponse de M. Le Bastard faite à M.Martin, et à l’ensemble des conseillers municipaux:


L’environnement émotionnel exacerbé ne justifie pas de brandir un étendard prétendument immaculé sur la base de réflexions d’abord très approximatives et confuses, puis inexactes et infondées.
Notre loi commune ne restreint pas le droit constitutionnel de critique des idées, des concepts, des politiques, des philosophies et des religions. Charlie Hebdo, comme Le Canard Enchainé entre autres, en a fait son créneau dans un contexte de provocation très maitrisé, que l’on aime ou pas, c’est la liberté de chacun de juger. Le bien et le mal, le juste et l’injuste, comment juger sans recul ni passion aveuglante? Et comment prétendre qu’il n’existe qu’une seule réponse ?
Par contre la mise en cause infondée des personnes, la diffamation, l’appel explicite à enfreindre la loi comme l’apologie du crime ou du terrorisme, sont des délits ou des crimes. Ils doivent être punis par la justice républicaine.
Je défends que Charlie est plus respectueux des lois de la République, et aussi plus moral à bien des égards que ne l’est Rivarol, à l’opposé politique, ou Civitas avec sa « revue catholique des questions politiques et sociales », à l’opposé moral. Lequel de ces médias devrait-on contraindre ? Aucun à mon avis, et c’est bien la force de la France que de faire vivre ensemble des réponses différentes. Et cela pose la question des limites au droit d’expression. Nul besoin de justification, aujourd’hui la légalité des articles ou dessins de Charlie est confirmée par le peu de condamnations de cette publication comparativement à d’autres. Et au contraire de tes affirmations, notre justice est indépendante, sereine et respectable dans son jugement, toute théorie du complot n’a pas de prise, c’est pas sérieux !
Evitons donc tout amalgame, toute confusion entre les concepts, les idées et les religions d’un coté, et les hommes de l’autre. Les limites à la liberté d’expression sont du ressort de la loi et de la jurisprudence associée, et d’elles seules. Fi des passions, laissons donc le législateur définir les bornes, c’est son mandat défini par le peuple souverain!
J’ajouterai que le sacré auquel tu te réfères peut ne pas être le même pour tous, et heureusement qu’il en est ainsi pour notre démocratie plurielle.
Le respect de l’homme dans sa diversité n’est jamais générateur de haine. Il n’en va pas de même d’écrits qui esquissent un semblant d’explications tortueuses à l’ignominie des attentats terroristes, en utilisant des mots sans doute reflets d’une grande offense personnelle, mais d’une violence extrême: viol, haine, humiliation, barbarie, enfer . Ce n’est pas neutre, c’est aussi le vocabulaire des tenants d’un « djihad » par l‘épée.
Quant à l’attitude des médias anglo-saxons, ce que tu dis est faux puisque des médias US et UK ont reproduit la une du dernier Charlie (mais en page intérieure, souvent). De plus, on ne peut pas omettre une énorme différence : la République Française est laïque en nature et en pratique, c’est l’article 1 de la constitution de 1958, ce qui n’est pas le cas de la pratique des USA où on prête serment sur la bible et où les références à un Dieu aconfessionnel sont multiples (bien que la laïcité soit théoriquement inscrite dans l’article 6 et le premier amendement de la constitution), ni en UK où il n’existe pas de séparation de l’église et de l’état. Je doute que la volonté soit pour eux d’éviter de choquer la communauté musulmane. La raison est évidemment bien plus pernicieuse, ne soyons pas naïfs !
En France, on peut signer le discours de mouvements politiques conservateurs, réactionnaires ou identitaires. Mais ce n’est pas LA vérité. Mes valeurs et celles de l’écrasante majorité des Français sont différentes, les positions exprimées et l’unité affichée en ces circonstances ou lors des votes nationaux l’ont prouvé.
L’identité que ces discours passéistes veulent conserver renvoie à ce que l’on est, mais je rappelle que l’égalité et la fraternité renvoient à ce que l’on a, ou espère avoir, avec l’autre. Il est plus facile de coexister et de trouver des compromis sur ce que l’on a – c’est l’essence de la démocratie moderne – que sur ce que l’on est.
Le rassemblement de dimanche n’était pas le soutien à un journal, c’est une erreur d’interprétation. Plus de 4 millions de personnes ont défendu fermement les valeurs de liberté et de fraternité, et rendu un hommage aux victimes, toutes les victimes. Il suffisait d’y participer pour le constater.
Vivre en France implique une acceptation de ces fondamentaux de la République.
Très cordialement,
Gérard LE BASTARD
Humaniste. Mareil/Mauldre

 


1er Mail de François-Xavier Martin, après l’annonce du Maire de l’annulation de ses voeux:

Chers collègues et amis,
Bien que les attentats qui ont frappé notre pays aient eu lieu il y a maintenant presque une semaine, je n’ai pour ma part vu passer, mis à part l’annulation des vœux du Maire, ce qui me paraît une réponse très insuffisante, aucun message fort à destination des Mareillois, ni aucune proposition pour dénoncer ces actes, et pour nous associer collectivement à la douleur des familles qui ont été frappées, et à l’immense mouvement des français.
Ne voulant pas être otage de la tentative de récupération par le gouvernement, et ne me sentant pas du tout « Charlie » (je n’oublie nullement, en effet, les innombrables messages orduriers et haineux de ce journal, et les attaques incessantes et blasphématoires contre toutes les religions, qui confinaient parfois à une véritable incitation à la haine religieuse, bien loin de la prétendue et légitime « liberté d’expression »), je n’ai pas été manifester. Peut-être ai-je eu tort. Pour autant, je suis 100% solidaire avec les millions de français qui ont voulu exprimer leur horreur de ces actes barbares, et leur volonté de mesures beaucoup plus fortes contre ce terrorisme, et contre ce qui est clairement une guerre de civilisation contre notre pays.
Je souhaite vivement que la Mairie de Mareil s’exprime également à la suite des français. Le fait que ce ne soit plus à chaud ne me dérange pas, mais je pense qu’il faut le faire. Ce serai à mon sens une grave faute que de rester muets dans de telles circonstances. J’espère que nous aurons l’occasion d’en parler lors de notre réunion de ce soir.
Cordialement,
François Martin

Certaines personnes s’étant offusquées de la teneur des propos de ce mail, il renchérit par ce courrier:

Chers amis et collègues,

Lorsqu’un journal montre à sa une Dieu le Père sodomisé par Dieu le Fils, lui-même sodomisé par Dieu le Saint-Esprit, ou bien le Pape sodomisant un petit garçon qui pleure et qui hurle « quitte à me faire enc…., autant aller voter », ou encore « Joyeux Noël, chiez dans les crèches » ou Jésus avec un préservatif sur le sexe, ou la Vierge Marie les jambes écartées en train d’accoucher, ou tant d’autres choses du même acabit, il me semble que l’on dépasse complètement l’humour ou la liberté d’expression. Je suis moi-même, à bon droit, je pense, profondément choqué par une telle violence picturale, un tel manque de respect et précisément de tolérance, manifesté par ce journal. Il y a là, bien plus que de simples traits d’humour, une profonde intention de faire du mal, de violer la conscience religieuse, toujours des mêmes d’ailleurs, à la limite de l’incitation à la haine religieuse.

Ceci est dûment condamnable, la déclaration des Droits de l’Homme, je vous le rappelle, disant que nul ne peut être discriminé (et je rajouterais, ou humilié) en raison de sa religion. Si ce journal n’a pas été condamné, ou pas assez, c’est en raison du laxisme des juges qui n’osent pas faire respecter la loi, comme dans le cas du pape ci-dessus, où ils ont relaxé Plantu, au motif qu’il n’aurait cherché qu’à attirer l’attention sur le silence de l’Eglise vàv de la pédophilie, ce qui en plus était faux, alors que ce dessin, rien qu’en lui-même, sans même parler du Pape, aurait dû être interdit. Il faut être devenus fous pour justifier de tels débordements. La vérité est que ce journal était monstrueusement violent par ses images, ce qui ne justifie en aucun cas, je vous l’accorde, les attentats barbares dont ses journalistes ont été les victimes.

Deux autres éléments sont importants à noter. Le premier est que ces journalistes n’étaient pas des humoristes. C’est Cabu lui-même qui le fait savoir, en disant qu’un dessin est « un fusil à un coup ». Si l’on est un humoriste, on ne parle pas de violence, de fusil. Si l’on parle de fusil, c’est que l’on cherche à tuer, symboliquement, ses adversaires. On fait la révolution, on fait de la politique, à laquelle l’humour sert d’alibi. Je crois que la politique permet et se permet beaucoup de choses, mais ne justifie pas la violence visuelle ni le viol de la conscience des choses sacrées. Sinon, sous couvert d’humour, ou de « liberté d’expression », on est de plein pied dans la barbarie. Face à cela, il ne faut pas se faire prendre au piège.

L’autre élément, c’est que ce modèle n’est pas tenable. En effet, nous allons de plus en plus, que l’on cherche à le promouvoir ou au contraire à l’éviter, vers une société multiculturelle. En fait, nous y sommes déjà. Faire cohabiter ensemble, tant bien que mal, des cultures très différentes, c’est comme gérer un magasin rempli de dynamite. Vouloir en même temps décréter le droit (de certains) à s’y promener avec des mèches allumées, et à choquer, sans entraves et sans limites, qui bon leur semble, c’est une pure folie. S’il y a un jour, à Dieu ne plaise, une situation de guerre civile dans notre pays, parce que les communautés tout entières finissent par se haïr (nous y allons tout droit), dira-t-on « nous n’avons pas voulu cela ? ». Au contraire, plus on est « multiculturels », plus le sens des responsabilités doit nous pousser à maîtriser notre langage et nos attitudes, pour ne pas choquer ni humilier les autres. C’est ce qu’ont fait les médias américains, qui ont refusé collectivement, si j’ai bien compris, de publier la nouvelle Une du journal, pour ne pas choquer les communautés musulmanes. C’est du bon sens. C’est le contraire de la démarche de Charlie Hebdo. A ce titre, c’est évident, le modèle que ce journal prône n’est pas tenable. Il nous conduit droit vers l’enfer.

Je n’ai pas été défiler à cause des écriteaux « Je suis Charlie ». En plus du reste, il s’agissait d’une récupération, parce que la presse a préempté le drame, alors que beaucoup d’autres personnes sont mortes dans cette affaire en-dehors des journalistes. Il n’y a eu, et il n’y a encore aujourd’hui, que très peu de place pour elles, alors qu’elle méritaient que l’on parle d’elles autant que du journal. S’il y avait eu, à la place des « Je suis Charlie », des écriteaux « Non au terrorisme », j’y aurais été mille fois.

Non, je ne pourrais pas être d’accord avec vous sur une définition de la « liberté d’expression » sans limites, où le seul droit des victimes et des personnes salies, humiliées et violées dans leur conscience serait de se taire.

Amicalement,
François Martin
Conseiller Municipal de Mareil